Le CSA envisage que Radio France diffuse moins en FM et plus en DAB+

Ce jeudi 20 décembre, le CSA organisait un petit déjeuner de presse pour faire le point sur le développement du DAB+, la radio numérique terrestre, en France, et cela après le lancement récent de nouvelles zones de diffusion (Lyon et Strasbourg) après Paris, Marseille, Nice et Lille.

Avec le lancement du plan de noeuds et des arcs, initié par le Conseiller Nicolas Curien, le développement national de cette technologie devient possible et rentable économiquement et ce que l’on appelle les grands réseaux nationaux (RTL, Europe 1, NRJ et RMC) ont décidé que rejoindre le mouvement.

On ne sait pas encore la position de Radio France mais la décision appartient finalement à la tutelle, au gouvernement. Le CSA semble militer pour que Radio France soit dans le mouvement pour, en résumant, que le service public ne rate pas l’opportunité de rentrer dans la modernité de la diffusion de la radio.

Le président du CSA, Olivier Schrameck, a fait un exposé pendant cette réunion, et pour résumer encore, il milite pour que Radio France rééquilibre son réseau de fréquences, en aillant peut-être moins de fréquences en FM et plus en DAB+. Il a évoqué le cas de France Musique qui pourrait peut-être avoir moins de fréquences.

Voici un condensé de son explication : (en fin d’article, l’enregistrement complet de l’intervention de Mr Schrameck)

« Nous avons des contacts avec Radio France et ses services depuis des années (au sujet de la radio numérique terrestre) (…) Je crois pouvoir dire aujourd’hui, sans parler à la place de la responsable de Radio France, que ses responsables sont persuadés des avantages de cette technique (…) Ils s’aperçoivent que s’ils ratent ce tournant le DAB+, le retard qu’ils prendront dans leur place au sein du paysage radiophonique français risque d’être irrémédiable. Chacun sait que Radio France a de nombreuses fréquences, puisque la législation lui donne une priorité que nous devons nous plier. Ce qui fait que certaines radios, dont l’importance est indéniable mais dont l’audience est réduite, ont un nombre de fréquences équivalentes à des radios dont l’audience est beaucoup plus importante. S’ils veulent développer de nouvelles chaines, comme Mouv ou Fip qui ont peu de fréquences, ils devront rééquilibrer leurs fréquences et aussi, sans doute, gager leur engagement dans ce mouvement par l’acceptation d’un réexamen général de la redistribution de ces fréquences.

La politique que nous menons en matière de radio repose sur un patrimoine que lègue chaque collège au suivant. La FM étant saturée, s’ouvre de nouvelles possibilités nouvelles et Radio France doit y trouver sa place. Mais c’est à l’Etat d’encourager, freiner ou contrecarrer ce tournant de politique de la radio publique. Nous avons toujours insisté, dans le dialogue avec le ministère de la culture, nous avons toujours insisté pour que Radio France se voit autoriser à diffuser en DAB+ quitte à redistribuer ses propres fréquences.

Oui, il y a des couts de diffusion mais il y a des économies qui ont été réalisées, notamment avec l’abandon des grandes ondes, et d’autre part, les coûts sont importants mais ce qui est important à mes yeux est la balance entre les couts et le service rendu. Si on arrive avec des couts qui significatifs (selon Nicolas Curien, si les six radios de Radio France sont diffusées en national, cela représente un cout d’environ dix millions par an) mais il y a des sources d’économies possible et lorsque je vous parlais de rééquilibre des fréquences, si vous analysez en compatibilité analytique, ce que coute, en regard du public touché, certaines fréquences de certaines stations qui ont été installées au fil des ans par centaines, vous vous rendez compte d’un déséquilibre majeur. Je pense qu’il faut remettre à plat l’ensemble de la politique de diffusion et que c’est le bon moment pour le faire lorsque les cartes peuvent être rebattues »

Un journaliste fait allusion à Avignon où France Bleu est diffusé sur quatre fréquences, est-ce à cela à quoi il pense ?

« Tout à fait, il y a aussi des stations qui sont importantes en elles mêmes, je ne vais pas les citer pour les stigmatiser France Musique mais si vous comparez le champs des fréquences consacrées à cette radio dont j’espère qu’elle va se développer et qui a oscillé durant ces dernières années entre 1.3 et 1.7% de l’auditorat, vous voyez tout de même qu’il y a un déséquilibre très important. (Journaliste : ça ne va pas leur faire plaisir si vous dites cela) Je ne le dis pas, mais je vais être clair, si je reste aux généralités par soucis que tels ou tels de mes propos se répandent, je n’aurais pas vraiment répondu à ma mission. J’ai l’habitude parfois de ne pas faire plaisir à ceux avec qui je dialogue et d’ailleurs c’est une maison (le CSA) qui se caractérise le fait que par nature elle fait plus de mécontents que de satisfaits, ce qui explique bien de ses difficultés.

Vous avez cité spontanément France Bleu, je pense que justement France Bleu doit faire l’objet d’une politique extrêmement volontariste (…) J’ai dit le premier président du CSA que je ne comprenais pas comment une métropole comme Lyon ne bénéficiait pas d’une station France Bleu. Si on veut aujourd’hui comme les pouvoirs publics l’affirment, encourager une synergie au niveau politique locale qui va dans le sens du lien social, il faut investir dans France Bleu de manière coordonnée avec les autres stations public en particulier France 3, et aussi une articulation avec les moyens privés. Aujourd’hui, nous assistons à une forme de restructuration des télévisions locales (…). On sent qu’il y a un mouvement de confédération des télévisions locales. Je pense que tout ce qui ira vers une convergences des efforts au niveau local où les moyens sont par nature limités, ira dans le bon sens dans le meilleur service de l’information et de la culture à l’échelon local (…) Je souligne qu’il faut attribuer à la radio sa juste place sous ses formes traditionnelles comme sous ses formes nouvelles. J’ai constaté au début de mon mandat qu’une attention plus grande était accordée au monde de la télévision et son développement et moins au monde de la radio. Hors je pense que pour la vie quotidienne de nos concitoyens, la possibilité d’ouverture, de développements et de liens, la radio a au moins une aussi grande importance (…). J’ai fait œuvre de conviction à l’égard des parlementaires (…) A eux de décider ce qu’ils entendent faire. Notre mission que nous avons rempli est de donner les moyens de les convaincre de ce qui constitue pour nous une amélioration potentielles significative. Après il y a la conviction du pouvoir exécutif et j’en ai parlé au nouveau ministre de la culture Franck Riester. J’en ai parlé aussi aux services qui travaillent sous son autorité, la DGMIC, avec qui nous travaillions continuellement sur tous les sujets qui nous rapprochent.

Que dit le ministère de la culture : le cadre législatif est déjà posé. Le problème est celui d’une volonté politique et des conditions de la tutelle. Le DAB+ est-il un investissement justifié ? Est-il susceptible d’être compensé par des économies ailleurs ? A France télévisions, malgré les économies, 150 millions doivent être dépensés dans les plateformes numérique. L’économie ne veut pas dire la restriction mais la réorientation. (…) On ne se substitue pas aux autorités responsables de la politique radiophonique. Nous sommes des régulateurs. Nous aidons à orienter, à préfigurer à ce que sera l’avenir en aidant à son développement. Nous sommes suivis ou nous ne le sommes pas mais notre mission est de poursuivre jusqu’au bout cet effort de persuasion »

 

Serge Surpin

1981 : Fait partie de l'équipe de la Radio Génération 2000, puis, RDH, Active FM, RDS, et d'autres radios "libres". Années 1980 : Création de 3615 SURPIN. 1995 : Création de Serge Surpin Numérique, fermé en 2008. 1995 : Co-Création de Satellifax, revendu depuis. 2003 : Création de SatMag. Photographe pour différents médias dont Satellifax. Environ 2012-2013 : journaliste à IDFM Radio Enghien. 2015 : Réalisateur à RCJ Radio. Depuis 2014 : Journaliste medias à RGB Radio. Depuis 2016 : Journaliste chroniqueur à Radio Shalom. Depuis 2018 : Journaliste médias à Radio Airshow. Rentrée 2018 : Journaliste médias à Bretagne 5. Rentrée 2018 : Journaliste médias à...

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