L’audience Mediamétrie en question.

Chaque matin, à 9h, tous ceux qui s’intéressent à la télévision attendent les chiffres Médiamétrie qui donnent l’audience des chaines de la TNT de la veille.

C’est là que l’on peut dire si un programme a marché ou pas, s’il a été regardé. Mais a-t-on raison de se focaliser sur ces chiffres ?

Déjà, Médiamétrie a fait évoluer récemment ses mesures en publiant désormais l’audience veille, c’est à dire l’audience en direct auquel on rajoute sa consommation le jour même, intégrant ainsi tous ceux qui regardent les programmes en léger différé.

Mais ce n’est toujours pas suffisant. Il faut rajouter l’audience différée intégrant le replay, autrement dit, en bon français, euh.. il n’y a pas de terme en français pour qualifier ce que l’on appelait avant les programmes enregistrés regardés plus tard mais maintenant qu’il s’agit de streaming, il faudrait que l’Académie Française se penche rapidement sur ce problème.

Et le Replay prend de plus en plus d’importance. Ainsi, par exemple, quand The Voice était désigné comme le programme le plus regardé la veille, en fait, une semaine plus tard, on se rendait compte que la fiction de France 3 dépassait The Voice de plus de 400.000 téléspectateurs.

Comme le rappelait récemment le site de BFMTV, « la part des écrans internet et des Replay dans la durée d’écoute individuelle quotidienne de la télévision est désormais de 8,7%, un chiffre en augmentation de 43% en à peine deux ans. Chaque jour, le replay réunit désormais 5,7 millions de téléspectateurs, soit 2,5 fois plus qu’il y a seulement trois ans (…) Le Relay représente désormais plus de 5% de la consommation de la télévision (…) Ces 5%, si c’était une chaîne, ce serait la cinquième de France, une chaîne que les Français se sont faite eux-mêmes en allant choisir les programmes  à droite ou à gauche! Ce qui est remarquable, c’est que ça rajeunit la télé. En 2017, quand on regarde la télé, on a en moyenne 46,5 ans. Quand on regarde la télé en replay, on a 39,9 ans ».

Parfois, on se demande pourquoi certaines chaines diffusent des programmes qui semblent relativement peu regardés, comme le programmes de téléréalité de W9 ou NRJ12. On oublie qu’il se rattrapent très largement grâce au Replay. Ainsi Les Anges de NRJ12 peuvent faire près de 70% de leur audience en Replay. Et ces programmes ciblés intéressent les annonceurs d’autant plus que sur le net, on ne retrouve pas les restrictions légales en usage à la télévision concernant la publicité. Ce qui prouve d’ailleurs qu’il faudra aussi changer les règles qui régissent la télévision hertzienne de moins en moins justifiables. On aura l’occasion de revenir sur ce sujet dans une prochaine chronique.

Il y a donc le replay mais il y a aussi le reste.

« Chaque matin nous regardons nos chiffres de la veille et nous savons désormais qu’ils ne nous disent pas tout ce qu’il se passe », a admis Rufus Radcliffe, directeur marketing d’ITV lors du Festival International de télévision. Une interview publiée sur le site Meta-Médias qui indique que on a pu comptabiliser 23 millions de visionnages pour la première journée lors du lancement de la nouvelle saison de « Stanger Things fin octobre 2017. Près de 400.000 personnes ont même regardé tous les 8 épisodes ce jour-là ! « Et encore, il ne s’agit que du visionnage sur téléviseurs ! »

« C’est vrai, cela modifie nos actions. Et nous évitons aussi de lancer quelque chose le jour où Netflix lance un truc, même pour du direct », a admis MTV. « Car aujourd’hui pour réussir, il faut vraiment parvenir à être au centre des discussions du public ».

Sans oublier que Netflix nous a habitué au Binge viewing, regarder les épisodes d’une série les uns derrière les autres. On ne supporte plus d’attendre.

Et ce ne sont pas que les jeunes qui ont succombé à ces nouvelles manières de regarder les écrans, les plus âgés suivent. Ainsi pour la série Crown de Netflix, qui raconte la vie de la Reine du Royaume Unis, plus de 50% de l’audience a plus de 50 ans !

Autre révolution, comme je l’avais déjà dit dans cette chronique, les GAFA vont aussi s’intéresser aux programmes de flux. On a appris cet été que YouTube va diffuser en direct et gratuitement des matches du championnat brésilien professionnel de football pour les internautes de plusieurs pays d’Europe et d’Asie suite a un accord avec Mediapro, vous savez, ceux qui ont acheté les droits de la Ligue 1 de football française. Tous les types de programmes seront touchés.

L’audience va donc progressivement passer de ce que l’on appelait le petit écran à tous les écrans.

Ce qui explique aussi la réponse que m’a fait Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, quand je lui demandais récement si ça ne la gênait pas que Franc 4 et France Ô quittent prochainement la TNT après une décision gouvernementale. « Cette évolution va dans le sens des évolutions normales des chaines de télévision qui seront de moins en moins suivie en de façon linéaires et de plus en plus à la demande. Dans tous les pays, les chaines envisagent de quitter la TNT à plus ou moins long terme« .

Au vu des audiences, on comprend bien sa décision.

Serge Surpin

1981 : Fait partie de l'équipe de la Radio Génération 2000, puis, RDH, Active FM, RDS, et d'autres radios "libres". Années 1980 : Création de 3615 SURPIN. 1995 : Création de Serge Surpin Numérique, fermé en 2008. 1995 : Co-Création de Satellifax, revendu depuis. 2003 : Création de SatMag. Photographe pour différents médias dont Satellifax. Environ 2012-2013 : journaliste à IDFM Radio Enghien. 2015 : Réalisateur à RCJ Radio. Depuis 2014 : Journaliste medias à RGB Radio. Depuis 2016 : Journaliste chroniqueur à Radio Shalom. Depuis 2018 : Journaliste médias à Radio Airshow. Rentrée 2018 : Journaliste médias à Bretagne 5. Rentrée 2018 : Journaliste médias à...

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