Comment écoutons nous la musique ?

Chronique SatMag

C’est enfoncer une porte ouverte que de dire que notre manière d’écouter la musique a beaucoup évolué avec le développement du numérique. Avant, on écoutait un disque à la radio, ou chez des amis, ou chez un disquaire, et puis éventuellement, on l’achetait ou parfois, on l’enregistrait sur une cassette.

Maintenant, il y a plus de radios qu’avant mais les disquaires ont presque tous disparu, en tout cas les indépendants. On n’enregistre plus sur cassette, on achète moins de disques et on a à notre disposition presque toute la musique qui a été enregistrée depuis qu’on peut le faire.

La Fédération internationale de l’industrie phonographique a publié le panorama 2018 de la consommation de musique dans le monde. Ce rapport décrypte les nouveaux usages des consommateurs âgés de 16 à 64 ans, dans les 20 principaux marchés de la musique enregistrée dans le monde.

Il démontre à quel point la musique est étroitement liée à la vie du public dans le monde entier. Devenant un peu plus accessible chaque jour, elle est consommée sous toutes ses formes, dans la diversité de tous les genres et grâce à de multiples technologies.

Les points clés de l’étude :

D’une part, désormais, la majorité des revenus de l’industrie musicales vient du numérique. Si les ventes physiques, CD et autres, continuent de baisser, les revenus du numérique sont en forte progression. Mais, Malgré un reprise encourageante, les revenus de l’industrie en 2017 ne représentaient encore que 68,4% du marché  à son plus haut niveau en 1999. 

D’ailleurs, posez vous la question : achetez vous encore beaucoup de CD ? Plus trop.

L’étude montre toutefois que la musique est complètement partie prenante de notre vie quotidienne : en moyenne, nous en écoutons 17,8 heures par semaine, soit 2.50 par jour, la voiture à 66% étant le lieu d’écoute le plus populaire. Mais on écoute aussi beaucoup la musique en transport 54%. Un peu moins en travaillant ou étudiant (40%). Amusant, on constate justement que 68% des mexicains écoutent de la musique en travaillant ou étudiant alors qu’en France, ce taux descend à 34%. On est plus concentré.

Logique, plus on est jeune, plus on écoute de la musique et les jeunes écoutent plus la musique en faisant autre chose que leurs aînés.

Le streaming est omniprésent : 86% des habitants des pays éctudiés, 81% en France, écoutent la musique grâce à un service de streaming à la demande. Les jeunes consommateurs sont ceux qui s’adonnent le plus à cette pratique, 57% d’entre eux, 45% en France, utilisant un service payant de streaming audio.

Le rapport indique que 38% des consommateurs de musique utilisent des sites illicites, autrement dit, font du piratage, généralement en streaming, sans télécharger. Je suis peut-être bête mais j’avoue que je ne comprends pas pourquoi on continue de pirater quand on a accès légalement aux musiques gratuitement. C’est vrai que l’on doit supporter de la publicité imposée avec les sites gratuits mais c’est quand même plus sur et plus simple.

On remarque que, dans le monde, 75% de l’écoute de la musique se fait sur Smartphone, et seulement 66% en France. Mais quand on regarde uniquement les 16/24 ans, ce taux monte à 94% dans les pays étudiés et 97% en France. Comme quoi, la qualité d’écoute n’est pas primordiale pour beaucoup d’entre nous. Ce qui va à l’encontre du retour du disque vinyle, soit disant supérieur au CD, ce qui est évidemment faux puisque toute la production musicale est numérique.

Le rapport remarque que le public est attaché aux genres musicaux propres à son pays : les consommateurs font la part belle aux productions locales dans leurs choix d’écoute, avec par exemple 69% des français qui écoutent de la chanson française, 66% des japonais écoutent la J-pop et 55% des brésiliens écoutent la Música popular brasileira (musique populaire brésilienne). Ce qui peut paraître logique et va à l’encontre des idées reçues qui voudraient que les musiques internationales écrasent la production locale. Autre remarque, même les pays qui n’ont pas de quotas de diffusion de chansons locales, ce que nous avons en France, donc ces pays ont quand même, entre guillemets, une industrie musicale nationale encore présente.

Logique, moins un marché pirate, plus le marché de la musique est en fort développement puisque les artistes sont rénumérés. Ainsi certains pays affichent des taux d’adoption de la musique légale très élevé : 96% des consommateurs chinois et 96% des consommateurs indiens écoutent légalement la musique. C’est marrant comme ces chiffres ne semblent pas correspondre à ce que n’importe voyageur peut constater sur place. Mais peut-être ne regardons nous pas tout ce qu’il  vaut voir.

Alors maintenant que la majorité des revenus de l’industrie musicale vient du numérique, on remarque quand même que le numérique paie peu. Si c’est un peu mieux avec les sites de streaming payants, qui avec 272 millions d’abonnés rapportant 5.5 milliards de dollars. Par contre, les sites de streaming vidéo, comme Youtube, qui ont 1.3 milliards d’utilisateurs ne génèrent que 856 millions de revenus, six fois moins que le payant donc.

Quels types de musique écoutons nous le plus : la pop à 64%, le rock à 57%, la dance et electro à 32%, les musiques de films à 30%. La musique urbaine ne représente que 26% de l’écoute. Dernier de la liste, derrière le classique, le RnB et la soul Blues, le métal qui n’est écouté qu’à 19%.

Au fait, puisque je parle dans le poste de radio, 86% des consommateurs écoutent de la musique à la radio, ce qui représente 25% du temps global d’écoute.

Serge Surpin

1981 : Fait partie de l'équipe de la Radio Génération 2000, puis, RDH, Active FM, RDS, et d'autres radios "libres". Années 1980 : Création de 3615 SURPIN. 1995 : Création de Serge Surpin Numérique, fermé en 2008. 1995 : Co-Création de Satellifax, revendu depuis. 2003 : Création de SatMag. Photographe pour différents médias dont Satellifax. Environ 2012-2013 : journaliste à IDFM Radio Enghien. 2015 : Réalisateur à RCJ Radio. Depuis 2014 : Journaliste medias à RGB Radio. Depuis 2016 : Journaliste chroniqueur à Radio Shalom. Depuis 2018 : Journaliste médias à Radio Airshow. Rentrée 2018 : Journaliste médias à Bretagne 5. Rentrée 2018 : Journaliste médias à...

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