Chronique SatMag : Franck Ferrand les podcasts ne suffisent pas

La chronique SatMag du jeudi 5 juillet

Franck Ferrand, l’animateur qui officie, avec talent, sur Europe 1 depuis 2003, fait partie de ceux qui vont quitter la maison à la rentrée prochaine. Il le fait volontairement ayant refusé la proposition de Laurent Guimier, le nouveau patron de la maison, de basculer sur le dimanche après-midi, un horaire qu’il considère être comme une rétrogradation.

Dans un entretien accordé au Parisien, il montre son incompréhension. Son émission « Au cœur de l’histoire » serait écoutée chaque jour par 300 à 400.000 Auditeurs et, mieux, elle battrait tous les records de podcasts en générant plus de 4 millions de téléchargements.

De son coté, la direction de la radio répond que son émission avait perdu 100.000 auditeurs cette dernière saison, soit environ 15% de son audience. Ce à quoi on peut répondre que c’est aussi l’ensemble de la grille qui a baissé et qu’il est difficile pour une seule émission de ne pas être entrainé dans le mouvement négatif. D’autre part, si on fait le calcul, cela voudrait dire que « Au Cœur de l’histoire » était écoutée par environ 600.000 auditeurs, beaucoup plus de monde que ce qu’affirme Franck Ferrand.

Europe 1 affirme avoir fait le choix de n’avoir qu’une seule émission de récit en semaine. Elle a conservé celle de Christophe Hondelatte, qui changera pour la énième fois d’horaire. Une remarque, quand on compare le parcours de Christophe Hondelatte et celui de Franck Ferrand, on pourrait dire que le premier n’a pas la stabilité de l’autre. C’est un risque assumé par Laurent Guimier.

Enfin, Europe 1 avait proposé en effet le 13/14h le dimanche, plus le poste de consultant histoire dans la matinale sous forme d’éphéméride, ce qu’il fait d’ailleurs déjà depuis plusieurs années. Refus vexé de Franck Ferrand qui part rejoindre l’équipe de Radio Classique.

Franck Ferrand est peut-être très téléchargé mais pas assez écouté en direct. C’est un point important. Au fait rappelons quand même que l’émission de Christophe Hondelatte est aussi beaucoup téléchargée.

Problème : le podcast, ça n’a pas encore payé. C’est difficile à monétiser. Tant que les audiences des podcasts ne sont pas mesurées précisément, il sera difficile de les vendre aux annonceurs.

Mediamétrie nous dit que quatre millions de français écoutent des podcasts par mois. Près de 21 millions de programmes sont téléchargés chaque mois et 81% sont écoutés. On connaît aussi très bien le profil des podcasteurs. De plus, on sait que très prochainement la mesure de l’audience radio et télévision sera automatisée. Il sera alors possible de savoir exactement quand un programme est regardé ou écouté, par qui et de quelle manière.

On sait aussi par Mediamétrie que dans près de 40% des cas, les podcasts radio sont consommés dans les 48h qui suivent leur diffusion à l’antenne. Pas suffisant répondent les annonceurs qui ont souvent des publicités avec promotions qui risquent d’être caduques au moment de l’écoute.

Ces problèmes pourraient être résolus si on voulait bien faire évoluer la technologie utilisée. Le podcast est aujourd’hui généralement téléchargé.

Ce n’est certainement pas un hasard si l’équivalent strict du podcast radio n’existe pas en télévision. Le chaines ont bloqué tous les services qui proposait cette option. La catch-up, le rattrapage, se fait toujours en streaming et jamais en téléchargement. Ainsi, le programme reste dans le site du média et l’auditeur  ou téléspectateur ne l’a pas physiquement sur son ordinateur ou smartphone.

Généraliser cette méthode en radio permettrait d’adapter la publicité exactement à la diffusion, d’empêcher qu’on la zappe.

Aujourd’hui, les podcast dépendent beaucoup d’Apple dont la plateforme est la plus utilisée. Une fois de plus, il a été fait le choix de dépendre des GAFA avec toutes les contraintes que cela sous-entend. Choisir la facilité n’est pas choisir la rentabilité.

Serge Surpin

1981 : Fait partie de l'équipe de la Radio Génération 2000, puis, RDH, Active FM, RDS, et d'autres radios "libres". Années 1980 : Création de 3615 SURPIN. 1995 : Création de Serge Surpin Numérique, fermé en 2008. 1995 : Co-Création de Satellifax, revendu depuis. 2003 : Création de SatMag. Photographe pour différents médias dont Satellifax. Environ 2012-2013 : journaliste à IDFM Radio Enghien. 2015 : Réalisateur à RCJ Radio. Depuis 2014 : Journaliste medias à RGB Radio. Depuis 2016 : Journaliste chroniqueur à Radio Shalom. Depuis 2018 : Journaliste médias à Radio Airshow. Rentrée 2018 : Journaliste médias à Bretagne 5. Rentrée 2018 : Journaliste médias à...

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