beIN accuse officiellement Arabsat de piratage

C’est le plus grand piratage d’un réseau de télévision connu à ce jour mais également le seul à être diligenté par un état, qui oppose donc les 2 ennemis de la péninsule arabique, le Qatar d’une part, l’Arabie Saoudite en face.

BeIN Sports affirme disposer de preuves irréfutables sur l’implication de l’opérateur satellitaire saoudien Arabsat dans le piratage massif dont elle est victime. Cela fait déjà plusieurs mois que les décodeurs pirates « beoutQ » diffusent illégalement la totalité des programmes de beiN Sports (mais aussi cinéma et jeunesse), alors que la chaîne dépense des milliards pour obtenir l’exclusivité des plus grandes compétitions sportives.

L’Arabie saoudite, propriétaire de l’opérateur Arabsat, a précédemment nié tout lien avec « beoutQ » !  Pourtant  la chaîne indique que son enquête lancée en mai dernier a confirmé que le signal pirate était émis depuis Riyad. La chaîne avait déboursé 200.000 dollars pour confier l’enquête à trois sociétés internationales de sécurité numérique, Cisco Systems (Etats-Unis), NAGRA (Suisse) et Overon, basée en Espagne.

Le bouquet pirate est diffusé sur Arabsat, un fournisseur également basé à Ryad, les coïcidences semblent donc indubitablement converger vers l’Arabie Saoudite. Doha ne peut que constater et déplorer,  la reprise intégrale de ses contenus sur « beoutQ ». Et beIN devrait continuer à perdre des millions d’abonnés avec le retour de  la Ligue 1 et de la  Premier League sur les ondes qataries.

Doha paye très cher sa stratégie qui lui coûte des milliards de dollars chaque année pour conserver une grille compétitive et s’imposer comme le leader des contenus sportifs ! Mais faire rayonner le Qatar par ce biais n’est pas du goût de Ryad, ce qui mène à cette bataille seulement diplomatique entre les deux rivaux de la péninsule arabique.

Mais la pression commence à monter sur l’Arabie saoudite, puisque la FIFA a déclaré qu’elle travaillait aux côtés d’autres détenteurs de droits sportifs qui ont également été affectés pour protéger leurs intérêts. En France, la Ligue de football professionnel (LFP) dit avoir écrit à Arabsat pour lui demander d’empêcher beoutQ d’utiliser ses satellites pour diffuser du contenu volé,  mais également à la Commission européenne afin d’enquêter sur beoutQ et presser l’Arabie saoudite à agir et à fermer la chaîne pirate. Pas sur que ces actions suffisent à déstabiliser la monarchie saoudienne dans sa stratégie d’affaiblissement de l’ennemi Qatari !

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