NoA, la nouvelle chaîne locale de France 3

Chronique SatMag

Image france Info

France Télévisions a lancé le 11 septembre 2018 NoA, une nouvelle chaine de télévision. Elle s’adresse aux 6 millions d’habitants de la région Nouvelle Aquitaine, la plus grande région de France en taille.

Au programme, des infos évidemment provenant des journaux déjà édités dans les trois rédactions régionales de France 3, France 3 Aquitaine, France 3 Poitou-Charentes et France 3 Limousin.

La chaine aura donc pas mal de rediffusion mais il faut se rappeler que les téléspectateurs auront accès à des programmes qu’ils n’ont pas l’habitude de voir puisque diffusés par d’autres rédaction locales de France 3 auxquels ils ne sont pas habitués.

Par exemple, le journal de France 3 Limoges n’est pas vu par les bordelais qui seraient pourtant intéressés. Cela dit, sur les boxes, ils y avait déjà accès mais comme le journal des régions est diffusé en même temps dans chaque région concernée, il faut aller chercher un autre journal sur le replay de la chaine alors que sur Noa, tout est regroupé.

Noa proposera aussi des fictions tournées en Nouvelle Aquitaine, des documentaires, des magasines, des émissions musicales, du sport en direct.

NoA est née de la volonté du Conseil général de la région qui a lancé un appel d’offre en 2017 remporté par France Télévisions. NoA est financée par un contrat d’objectif et de moyens signé avec la région Nouvelle Aquitaine. Un million d’euros par an pendant trois ans. Trois millions au total. Ce COM finance des contenus, ces contenus permettent à France Télévisions de créer une chaine supplémentaire. Mais le Conseil régional n’a pas de rôle dans la chaine.

Pour France Télévisions, c’est une expérimentation, un laboratoire technique et social. Les dirigeants de France Télévisions reconnaissent que ce n’est pas évident pour la faire connaitre car la chaîne ne se situe pas dans les premiers canaux des boxes, 339 chez Orange, 455 chez SFR, 326 chez Free, 337 sur Bouygues.

Alors, comment faire une chaîne avec seulement un millions d’euros par an, un montant ultra limité ?

« Noa se veut une chaîne expérimentale, nous allons casser la barrière des métiers sur la base du volontariat et proposer une production numérique innovante » , a souligné auprès de CB News Delphine Vialanet, déléguée au numérique pour France 3 Nouvelle-Aquitaine « Des reportages seront ainsi filmés de manière plus légère, avec des téléphones portables par exemple ».

Cela rappelle un peu le mode de fonctionnement de BFM Paris et ce n’est pas un hasard car cette chaine a un peu servi de modèle pour NoA. Une chaine locale légère à produire. 

Dans les faits, seuls cinq nouveaux postes à temps plein ont été créés. Ce sont les équipes des trois régions déjà en place qui participeront aussi à cette chaîne avec une réorganisation du travail. Les syndicats ont signé un accord avec la direction de France Télévisions mais  il y a la crainte d’un empilement des taches pour les salariés.

Si cette chaine existe en Nouvelle Aquitaine , c’est qu’il y avait une volonté politique locale de le faire avec des interlocuteurs pour conclure un contrat d’objectifs et de moyens. Ce n’est pas le cas partout.

C’autres régions sont intéressée, en Bretagne par exemple. Il n’est pas impossible que « le sujet revienne sur la table car il y a une forte identité, le périmètre est bien circonscrit ». Mais France Télévisions va d’abord observer les résultats de Noa avant de reproduire ce type de chaines dans d’autres régions. D’autant plus que France 3 va devoir multiplier l’offre régionale par trois sur chaque région, selon les volontés du gouvernement.

On sait que le gouvernement veut aussi plus de coopérations entre Radio France qui édite France Bleu et France Télévision qui édite France 3. Mes tests vont être lancés prochainement  sur Aix en Provence et Paris. Ce n’est pas évident de généraliser ces coopérations car les découpages régionaux ne sont pas les mêmes entre France Bleu et France 3. S’il doit y avoir plus de coopérations entre les deux structures, une restructuration ne pourra pas être évitée, au grand déplaisir des syndicats.

De fait, depuis longtemps, les gouvernements hésitent sur le mode de fonctionnement de la radio et télévision publique locale. Faut il regrouper radios et télévisions locales ? Faut-il que France 3 soit une télévision régionale  a temps complet ou presque ? Plusieurs projets ont été étudiés dont celui en l’an 2000 de créer huit chaines numériques locales au lancement de la TNT. Ce projet a été abandonné sauf en Corse où a été lancé en 2007 France 3 Corse ViaStella, la première chaîne presque 100% locale de France 3. ViaStella car elle a d’abord et diffusée par satellite puis sur la TNT locale. A la différence de NoA, c’est France 3 qui finance ce canal.

C’est toujours le même problème avec France 3 : son financement. Déjà c’est la chaîne qui coûte cher à France Télévisions. Normal, elle compte 24 décrochages régionaux qui représentent 9,6 % de l’antenne de France 3, soit 3 heures par jour. Alors, quand on voit que le gouvernement actuel veut développer la partie régionale de France 3, et cela alors de le budget global de France Télévisions est en baisse, on se demande si une fois de plus, les ambitions seront à la hauteur des résultats.

 

Serge Surpin

1981 : Fait partie de l'équipe de la Radio Génération 2000, puis, RDH, Active FM, RDS, et d'autres radios "libres". Années 1980 : Création de 3615 SURPIN. 1995 : Création de Serge Surpin Numérique, fermé en 2008. 1995 : Co-Création de Satellifax, revendu depuis. 2003 : Création de SatMag. Photographe pour différents médias dont Satellifax. Environ 2012-2013 : journaliste à IDFM Radio Enghien. 2015 : Réalisateur à RCJ Radio. Depuis 2014 : Journaliste medias à RGB Radio. Depuis 2016 : Journaliste chroniqueur à Radio Shalom. Depuis 2018 : Journaliste médias à Radio Airshow. Rentrée 2018 : Journaliste médias à Bretagne 5. Rentrée 2018 : Journaliste médias à...

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